Blog de Patrick d'Humières

Signaux Forts… à ne pas rater !

8 juin 2015

Tout ce qui touche à la vie de l’entreprise s’accélère incroyablement : les technologies disponibles évidemment, mais aussi les changements d’attitude des clients, les cadres de régulation – qui croyait qu’en dix ans on aurait fait reculer l’opacité fiscale ?  Seuls résistent encore certains modes de management ! La génération Y et l’invasion numérique sont en train de rendre obsolètes les fonctionnements hiérarchisés, masculins, polarisés et les outils marketo-centrés, des études quanti à la PLV, sont de moins pertinents face à une demande sociétale nouvelle à comprendre.  L’appropriation du développement durable est en marche chez les  managers mais elle est encore à la périphérie et non au centre de la gouvernance.  Et pourtant les signaux faibles sont devenus très forts : le management est durable, ou il n’est plus !

Premier basculement : l’ordre énergétique ! Les patrons réunis à Paris lors du Business & Climate Summit (voir la note de synthèse) ont courageusement sonné la charge de l’économie carbonée. Le temps de la transition sera de 20 ou 30 ans, mais il est parti. Et lorsque les marchés du carbone viendront à se généraliser, le basculement sera irréversible. Encore faudra-t’il s’expliquer désormais sur là où en on est par rapport aux objectifs collectifs : les Verts ne s’y sont pas trompés qui ont imposé dans la loi de transition (art.48) une modification substantielle au reporting extra-financier concernant les stratégies de décarbonation à expliciter !

Deuxième signal : les Etats ont tous l’ardente obligation de contribuer à l’emploi et à l’investissement et le rapport de force s’inverse avec l’économie privée ; il y aura demain les marques qui sauront négocier des accords d’intégration locale, public-privé et les autres qui seront condamnées à se justifier. Plus que jamais, qu’on appelle cela « local content », MOU, contrat de de collaboration, les acteurs économiques ne muteront pas seuls mais avec leur eco-système.

Troisième signal fort qui change la donne managériale : la RSE est une affaire de gouvernance ou elle patine et s’enlise ! Le Global Compact l’a compris qui a lancé en novembre dernier le Lead Board Program pour inciter les administrateurs à s’impliquer en RSE. De passage à Paris, Bob Eccles (Harvard),  animateur de ce programme, viendra l’expliquer à  l’initiative de IRSE et les très rares administrateurs français qui structurent la RSE dans les Conseils français, y prendront la parole. Le changement de modèle durable se réalise en bas mais se pense en haut et se partage au milieu…

En pleine semaine du développement durable – lesquelles se succèdent mais ne se ressemblent pas – prenons la mesure de ces signaux et constatons que le monde économique n’a jamais été aussi  écartelé entre les modèles rentiers et les modèles participatifs, les modèles carbonés et les modèles sobres, les modèles secrets et les modèles transparents, les modèles propriétaires et les modèles d’intérêt collectif, etc ! Et il se crée à cet effet une communauté de managers durables qui portent ces changements fondamentaux, dans les entreprises et dans le conseil, de plus en plus experte et offensive, dont on aura de plus en plus besoin pour réussir la mutation vitale de notre économie. Ils apprennent à co-produire les solutions (IRSE organise des chantiers collectifs sur les dernieères innovations : Dialogue parties prenantes, plan de vigilance et reporting intégré ) ! Ils font des contraintes anciennes des outils de progrès nouveaux (voir la vidéo « Comment piloter sa démarche de reporting pour aller dans le sens d’un management durable »). Ils se respectent et s’enrichissent mutuellement, partageant une culture constructive avant tout !  Il paraît que l’optimisme naît du savoir et de la volonté…ne pas utiliser avec modération.

Découvrez le cycle annuel du reporting RSE au service du pilotage et de la création de valeur durable

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