Blog de Patrick d'Humières

Ce qui va marquer la rentrée 2015 en RSE & DD

17 juillet 2015

Le passage de la RSE à la « Durabilité »…  C’est maintenant !Durabilité

Rarement moment sera autant structuré par de grands rendez-vous sociétaux  que cette fin 2015 dont le point d’orgue de la COP21 consacrera le climat comme premier dossier de l’agenda politique mondial, avant les conflits du Moyen-Orient ou l’insécurité structurelle au sein des pays émergents. La raison tient à deux facteurs fondamentaux :

  • la criticité des questions environnementales dont le coût d’inaction ne cesse de s’élever pour la communauté internationale,
  • la réactivité au sein du camp occidental développé d’une force régulatrice qui ne veut pas abandonner sa prospérité et ses valeurs à une désorganisation et une irresponsabilité ambiantes.

Symbole de cette évolution accélérée : la publicité qui annonce le mariage réussi Lafarge Holcim déclare qu’il est fondé sur le développement durable. Est- ce un slogan  facile ou une intention délibérée de concilier croissance, leadership et respect de principes de durabilité ? On dira que la crainte  des dysfonctionnements systémiques conduit désormais une partie des cercles dirigeants à échanger une reconnaissance de leur puissance contre une co-régulation des marchés  que les Etats imposent peu ou mal et dont ils savent que bien gérée elle protège au minimum les acteurs en place.

Cette prise de conscience va être à l’épreuve des rendez –vous suivants de l’automne :

  • L’adoption des objectifs mondiaux du développement durable, référentiel planétaire de la bonne croissance à suivre ;
  • Il y aura aussi l’adoption au sein des Nations Unies des droits de l’Homme applicables aux entreprises qui consacre les fameux principes Ruggie et la diligence raisonnable demandée au business.
  • Le grand changement sera aussi l’adoption du programme BEPS de l’OCDE qui remet à plat les règles de la fiscalité des entreprises au regard des droits des territoires qui les accueillent.
  • Et il y aura plus près de nous les débats de transposition de la directive européenne sur l’information extra-financière qui change clairement le logiciel ; il ne s’agit plus de revendiquer une transparence pour la transparence mais de demander aux entreprises de rendre compte de la gestion de leurs impacts importants – matériels – et de le faire avec leurs parties prenantes, comme si l’actionnaire devait se sauver en se légitimant plus et l’entreprise assumer enfin sa dimension politique.

Ce contexte présente toujours le risque de voir les mots l’emporter sur les actes. Certains se plaindront de cette pression qui déplace la compétition concurrentielle sur le terrain de l’implication corporate, alors même que la numérisation et la globalisation des marchés font muter les modèles comme jamais.  Pour autant, le basculement est en cours et le management n’est plus ce qu’il était ; l’efficience marketing et financière sont des prérequis ; ils ne suffisent plus à garantir de la croissance ; le talent des équipes, tourné vers l’innovation et le service sont devenus plus importants. Et cela passe par des projets compatibles avec l’implication légitime dans la vie locale et civile, et i fait la différence entre les entreprises attractives et celles que personne n’a envie de défendre. Dans cette évolution qui relie définitivement offre-fonctionnement- intégration de l’entreprise dans son champ sociétal, la RSE peut apparaître comme un concept défensif, vertueux et limité s’il ne se  donne pas pour horizon l’amélioration du contexte global de l’économie dans la zone de responsabilité étendue de l’entreprise. C’est pourquoi, il faut s’attendre à ce que cette pression des enjeux contextuels ne se traduise en 2015 par la consécration du concept de « durabilité » au cœur des démarches d’entreprise conquérantes. On dépasse les comportements et on se donne un projet !

 

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