Blog de Patrick d'Humières

Berlin, capitale de la RSE ?

14 octobre 2015

Le code du développement durable des entreprises allemandes avait été signé en personne par la Chancelière allemande. Il proclamait une volonté de promouvoir dans le monde « une économie sociale de marché responsable », caractéristique du made in Germany. Patatrak ! L’affaire Volskwagen remet en cause la crédibilité de cet engagement. Mais Berlin ne compte pas en rester là et prend plusieurs initiatives pour confirmer sa vision.  Le Conseil du développement durable allemand, auquel ont souscrit désormais plus d’une centaine de groupes industriels, continue sa stratégie d’accompagnement des petits pays européens dans les démarches RSE, appuyé par sa maison mère la GIZ qui finance initiatives et colloques, bénéficiant d’un consensus CDU-SPD-syndicats. Berlin ne traînera pas non plus dans la transposition de la directive européenne sur l’information extra-financière et se servant du contexte actuel entend freiner les ardeurs d’un patronat jusqu’ici peu enclin à la transparence pour coller au reporting obligatoire arraché en octobre 14 (l’assurance par une tierce partie étant encore en débat). Et puis surtout, le réseau local du Global Compact a pris prétexte du 15° anniversaire du Pacte pour mobiliser le banc et l’arrière banc de la RSE internationale pour réfléchir à l’avenir. Visiblement, nos amis allemands pressent la nouvelle patronne du Pacte Mondial, l’ultra brillante danoise Lise Kingo, à prendre des initiatives pour étendre, durcir et relancer une organisation tiraillée entre les leaders « advanced » et les très nombreuses entreprises delistées qui étaient tombées dans le piège d’un déclaratif sans grande conséquence. De fait, on parle moins à Berlin de « CSR » que de « sustainability business », laissant à d’autres le soin de se perdre dans les débats de normes, de la GRI et des adeptes du tout reporting… (suivez le regard !). Berlin a bien compris le nouveau monde en 3D : D pour digitalisation, D pour développement dans les émergents et D comme durabilité (sustainability), concept des nouveaux modèles que les BASF, SAP et Siemens promeuvent à outrance, en affichant des objectifs de neutralité carbone à 2030 notamment !

Certes, l’Allemagne devra avaler « la faute Volkswagen », bien embarrassante pour  les leaders d’Outre-Rhin mais a décidé de ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain, tout au contraire. On entend même à Berlin des acteurs locaux qui voudraient que les moutons noirs qui ne respectent pas la loi soient sortis de tous les référentiels et des indices. La RSE est plus qu’un mode de management qui caractérise les leaders du monde en gestation ; c’est un modèle pour faire la différence…à mériter.

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